Trouver un sens à son travail ?



Vous avez le sentiment de travailler trop, vous n’aimez pas votre boulot ou ne parvenez pas à évoluer et cela vous mine. Comment donner du sens à son travail ? Pour la coach parisienne Sylvaine Pascual, spécialiste du plaisir au travail, il y a des portes à ouvrir, des couloirs à traverser, pour se sentir bien dans sa peau d’entrepreneur ou de salarié. Entretien.


Existe-t-il une « recette miracle » pour être heureux au travail ?

Non. Mais quelques clés pour y arriver, oui. Trois, selon moi : Si vous avez des tâches sympas à effectuer, des relations agréables et de la reconnaissance, vous pouvez vous rendre au boulot en souriant. Il faut œuvrer pour obtenir un maximum de tâches que l’on aime faire. Parlez-en à votre supérieur direct qui connaît moins vos appétences que vos compétences. Il pourrait redistribuer les tâches en fonction de ce que chacun préfère et répartir à parts égales celles dites « ingrates ». Ensuite, tous les moyens d’améliorer les relations professionnelles sont bons à prendre : la bonne ambiance au travail est la première raison qui fait rester un salarié dans une entreprise. Et puis il y a ce phénomène montant de la double carrière : On a un travail « d’appoint » où l’on a accumulé suffisamment d’expérience pour qu’il soit gentiment rémunérateur et, à côté, une autre activité, en général artistique. L’existence de cette seconde « carrière » permet d’avoir du plaisir au travail dans les deux métiers.


Souvent, le mal-être au travail provient d’une mauvaise gestion de son temps. Des solutions ?

Là encore, point de recette miracle, la « bonne » organisation, c’est la vôtre ! La « to do list », par exemple, est à proscrire pour ceux qui ne font que la remplir car cela augmente le sentiment de pression. Expérimentez donc plusieurs méthodes pour trouver celle qui vous correspond. Travaillez par ordre de priorités, par tranches de temps concentré + pause… mais une pause de qualité. Il faut glandouiller ! Autoriser son cerveau à cesser de se concentrer sur quelque chose pour qu’il se ressource plus vite. Et ne sacrifiez pas votre pause sous prétexte que vous êtes débordé, vous entrerez dans un engrenage négatif. Vous serez fatigué et mettrez plus de temps à traiter les prochains dossiers. Ne précrastinez* pas non plus : cette tendance à traiter les tâches dès qu’elles arrivent n’est pas bonne. Réfléchissez aux réelles urgences pour vous apercevoir que rien n’est à la minute ! Autre astuce : bien gérer ses mails. D’abord en arrêtant les envois collectifs où tout le monde y va de sa petite réponse, puis en prenant son téléphone pour répondre à un mail qui concerne un problème.


Peut-on évoluer dans l’entreprise quand on se sent « débordé » ?

Oui, en mesurant correctement sa charge de travail. Des fois, nos capacités ne sont pas en cause, c’est juste que, matériellement, la mission est impossible, la surcharge bien réelle. Dans ce cas, apprenez à dire non et parlez-en à votre supérieur direct. Ensuite, évaluez si votre capacité de travail est compatible avec le poste convoité. La charge supplémentaire est-elle majeure ou bien est-ce la nature du travail qui change ? En déplaçant la nature du travail on peut bosser davantage sans avoir le sentiment d’être débordé car les tâches sont plus attirantes. Il n’y a pas de schéma. Et puis, même si tous pensent « carrière linéaire », certains choisissent une évolution plus lente ou pas d’évolution pour ne pas sacrifier le bien-être au travail qu’ils ont construit. Ils ont raison !

*précrastiner : vouloir agir tout de suite pour se libérer l’esprit


Sources :

Sylvaine Pascual, coach et consultant en plaisir au travail, spécialiste de la reconversion professionnelle. Ithaque Coaching, www.ithaquecoaching.com

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