La santé mentale au travail : optimiser le retour sur investissement de votre meilleur atout



Si la maladie mentale coûte si cher aux entreprises, pourquoi la mise en œuvre de programmes de santé et de bien-être psychologiques est-elle encore lente ?


Il est indéniable que la santé mentale sur le lieu de travail sera un sujet tendance en 2022. L'anxiété, le burnout et la dépression ont fait la couverture des magazines et des émissions TV et radio, et ce n'est pas un hasard. Tous les chiffres sont au rouge et se sont accentués avec la pandémie.


Les problèmes liés à la santé psychologique sont déjà la première cause d'invalidité selon l'OMS. Cependant, même si plusieurs médias font état de la situation et remplissent leur rôle de sensibilisation de la population, les taux de maladie mentale ne cessent d'augmenter.


Dans l'univers de l'entreprise, la maladie émotionnelle affecte directement la rentabilité des organisations. Ces taux se traduisent par des pertes et une augmentation des coûts, littéralement.


L’INRS avance un coût de 2 à 3 milliards par an que fait peser le stress au travail sur l’économie française. L’agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au Travail a quant à elle chiffré le coût du stress au travail à 617 milliards annuels !. Nous parlons de milliards jetés à la poubelle en ne traitant pas correctement un problème grave.


Bien que les PME semblent globalement moins touchées que les grandes entreprises par le stress des employés dû aux conditions de travail, le processus tend à se développer. Sur l’ensemble des entreprises françaises, 71 % d’entre elles se disent préoccupées par cette évolution aux effets néfastes tant sur un aspect psychologique que financier. Pourtant, 65 % des DRH n’ont, à ce jour, mis aucun dispositif en place, permettant d’enrayer ou d’anticiper cette réalité.


Il est connu que l'actif le plus précieux de toute entreprise est son personnel. Lorsqu'ils tombent malades, ils ont un impact direct sur les résultats financiers de l'organisation, réduisant sa rentabilité.


Un environnement émotionnellement sain est plus productif et plus rentable. Et les recherches sont là pour le prouver.


Je vous invite, lecteur, à réfléchir avec moi. Que se passe-t-il lorsqu'un dirigeant ou un employé performant quitte l'organisation, ou même démissionne, pour des raisons émotionnelles ? L'entreprise doit lancer un nouveau processus de sélection et supporter les coûts du cabinet de conseil qui effectuera la chasse (généralement 25 % du salaire annuel du poste). En outre, elle doit investir dans la formation et attendre entre 9 et 12 mois pour que ce nouveau membre passe par la phase de montée en puissance et commence à produire des résultats de manière régulière. Quel est le coût financier, émotionnel et organisationnel de ce changement?


Et ce n'est pas tout : le fait de ne pas prendre soin de sa santé émotionnelle a un effet direct sur d'autres indicateurs tels que les absences, les congés et l'augmentation des demandes de remboursement de frais de santé, notamment en ce qui concerne les frais de soins d'urgence, les dépenses médicales étant un grand délinquant pour les régimes d'assurance maladie.


Toutefois, si les maladies mentales coûtent si cher aux entreprises, pourquoi la mise en œuvre de programmes de santé et de bien-être psychologiques est-elle encore lente ?


Une enquête menée par Mercer Marsh en 2019 a souligné qu'environ 50 % des entreprises invoquent un manque de budget pour résoudre le problème. D'autre part, l'OMS et KPMG ont déjà publié des études prouvant un retour sur investissement de plus de 4 fois pour les actions de prévention en matière de santé mentale. Une étude européenne de l'EU-OSHA prouve même un retour jusqu'à 13 euros pour un euro investi. Si nous parlons d'investissement, et non de coût, il est peut-être temps pour les PDG et les directeurs financiers d'inscrire la question à l'ordre du jour de leurs réunions stratégiques.


Il est de la plus haute importance que les chefs d'entreprise comprennent que l'intervention en matière de santé psychologique nécessite l'élaboration de programmes complets. Nous parlons de prévention, de diagnostic précoce, de structuration de programmes efficaces de qualité de vie et de bien-être, ainsi que d'une couverture plus compétitive des avantages sociaux des entreprises. Il est nécessaire d'envisager la santé de manière globale, depuis la disponibilité de psychologues jusqu'aux incitations à l'activité physique et à une alimentation saine.


Pour pallier le manque de psychologues, la technologie vient à la rescousse. Les solutions qui incluent le streaming vidéo et les téléconsultations élargissent l'accès aux personnes qui se trouvent dans de petites villes, ainsi qu'à celles qui souhaitent éviter le trafic chaotique des grands centres.


Qookka des entreprises à prendre plus activement soin de la santé mentale de leurs employés grâce au mix unique sur le marché de consultation en ligne avec des psychologues et des activités à effets thérapeutiques complémentaires avec des coachs en séances live dans les domaines de la méditation, du fitness et du yoga postural. En outre, des entreprises comme Teladoc, Headspace et Calm poursuivent leur croissance, soutenues par la télémédecine et les applications destinées aux employés. Parier sur des points de vente abordables et évolutifs pourrait être la voie, sinon la solution.


Je pense qu'il incombe à l'employeur de créer des politiques internes et d'établir une culture de la santé et du bien-être psychologiques, ainsi que des pratiques cohérentes en matière de diversité et d'inclusion. Il est nécessaire d'offrir des ressources pour que chaque employé, individuellement, puisse avoir accès à un traitement psychologique adéquat, de manière préventive, et non pas seulement un canal d'urgence, dans lequel ils n'appellent que dans les cas où la situation est déjà extrêmement critique.


La sensibilisation du top management et des principaux dirigeants des organisations est également de la plus haute importance, en plus d'actions de communication robustes, afin que tous les employés soient conscients des avantages disponibles et soient éduqués pour demander de l'aide.


La grande majorité des entreprises ont encore, comme principale motivation pour la gestion de la santé psychologique, le respect uniquement et exclusivement des lois du travail, montrant peu d'intérêt à investir dans la prévention et le traitement adéquat des troubles mentaux.


Malheureusement, les organisations ne répondent toujours pas à la santé mentale avec la même parité qu'à la santé physique, même si l'efficacité et le retour sur investissement sont clairement démontrés.


Cependant, je suis convaincu que ce fait peut et doit être changé. La santé mentale est rentable et il est temps qu'elle devienne une priorité dans l'agenda des PDG français.

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