Reconnaître les problèmes de santé mentale chez les enfants et les adolescents

Mis à jour : mai 8



La vie pendant une pandémie est compliquée. En plus des nouveaux protocoles et restrictions de sécurité, les enfants et les adolescents doivent faire face à des changements dans leur routine, à l'école et dans leur vie sociale. Il est normal que les enfants et les adolescents aient du mal à s'habituer à une "nouvelle normalité". Si votre enfant ou votre adolescent semble toujours avoir des difficultés, il se peut qu'il y ait quelque chose de plus.


Le saviez-vous ?

50 % des personnes qui souffriront d'un trouble de santé mentale au cours de leur vie commencent à ressentir des symptômes avant l'âge de 14 ans[1];

L'âge médian d'apparition des troubles anxieux est de 6 ans[2];

Un jeune sur quatre est en situation de mal-être psychique.


Signes et symptômes à surveiller

Symptômes qui se manifestent dans plusieurs pathologies :


  • Problèmes de concentration, de mémoire ou de capacité à penser clairement

  • Changements d'appétit

  • Sentiment de tristesse, de vide, de désespoir ou d'inutilité

  • Perte d'intérêt pour les choses qu'ils aimaient auparavant

  • Inquiétude excessive

  • Irritabilité ou agitation

  • Changements dans le sommeil

  • Crises de colère

  • Manque d'envie de fréquenter des gens ou de participer à des activités.


Autres points à surveiller :


  • Entendre ou voir des choses que les autres ne voient pas.

  • Panique extrême

  • apparition de nouveaux comportements ou de rituels qui se répètent

  • Sautes d'humeur ou changements fréquents d'énergie

  • Changements dans la façon de s'habiller - si votre enfant porte des pantalons et des manches longues par temps chaud, ou des chapeaux tout à coup, il pourrait cacher des signes d'automutilation comme des coupures ou des arrachages de cheveux.


Comment réagir?

`D'abord, il ne faut pas banaliser la souffrance de la personne. Bien souvent, les gens tentent maladroitement de rassurer la personne en minimisant ses problèmes, en lui expliquant qu'elle a tout pour être heureuse, que les choses vont s'améliorer, etc. Mais pour quelqu'un qui est dans une fragilité, dans une crise suicidaire, ce genre d'arguments ne vont pas être perçus comme rassurants. Au contraire, la personne va se dire que personne ne comprend l'intensité de sa souffrance, alors que l'entourage croit bien faire en lui remontant le moral.

Il vaudrait mieux adopter une attitude d'écoute active, où on ne va pas essayer d'apporter une solution clef en main à la personne. Mais plutôt une écoute dans laquelle on dit à la personne ce qu'on ressent, on lui fait part de son inquiétude. On peut dire des phrases telles que "j'ai le sentiment que tu vas extrêmement mal". Il s'agit aussi de l'amener à mettre en place des choses.


Où pouvez-vous obtenir plus d'aide ?

Si vous remarquez ces symptômes chez votre enfant, vous pouvez envisager un dépistage en santé mentale. Le dépistage est un moyen gratuit, anonyme et confidentiel de voir si une personne présente des signes d'un problème de santé mentale. Des outils de dépistage pour les jeunes et les parents sont disponibles sur Qookka.me. Les résultats du dépistage peuvent être un outil utile pour entamer une conversation avec le médecin traitant de votre enfant.


Quand une action d'urgence est-elle nécessaire ?

Si vous remarquez les signes suivants chez votre enfant, prenez des mesures immédiates car il peut penser au suicide :


  • Se défaire de ses possessions sans raison logique

  • Actions risquées ou autodestructrices

  • Consommation accrue de drogues ou d'alcool

  • Obsession de la mort

  • Retrait de la vie

  • Menaces indirectes ou directes de suicide

  • Changement radical de personnalité

  • Manque d'intérêt pour les projets d'avenir


Si vous pensez qu'un enfant ou un adolescent est en danger immédiat de passer à l'acte suicidaire, il existe des services d'appels et de soutien. Dans les dispositifs, il y a notamment SOS Écoute au 01 42 87 26 26, Suicide Écoute au 01 45 39 40 00 ou Profil santé jeunes au 32 24. Leurs conseillers formés à la gestion de crise peuvent vous aider à trouver des ressources locales ou vous suggérer les prochaines étapes. Vous pouvez également rechercher des informations sur une équipe mobile de crise locale, un hôpital psychiatrique ou une unité psychiatrique.


Alors que les questions de santé mentale et de détresse psychologique sont revenues en force dans le débat public avec la pandémie de Covid-19 et les confinements, le gouvernement a annoncé la mise en place d'un numéro national de prévention du suicide. Il sera activé le 10 septembre prochain, date de la journée mondiale de prévention du suicide et il sera coordonné par le centre hospitalier universitaire de Lille.

Ce numéro d'appel sera une porte d'entrée pour toute personne ayant des idées suicidaires, ou inquiète pour l'un de ses proches : au bout du fil, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, des soignants pour écouter, orienter vers des soins, voire déclencher une intervention s'il y a urgence.


SOURCES


1. Kessler RC, Chiu WT, Demler O, Merikangas KR, Walters EE. (2005). Prévalence, sévérité et comorbidité des troubles du DSM-IV à 12 mois dans la réplication de la National Comorbidity Survey. Arch Gen Psychiatry. 62(6):617-27.


2. Merikangas, K., Hep, J., Burstein, M., Swanson, S., Avenevoli, S., Cui, L., Benejet, C., Swendsen, J. (2010). Prévalence à vie des troubles mentaux chez les adolescents américains : résultats de la National Comorbidity Survey Replication-Adolescent Supplement (NCS-A). Journal of American Academy of Child and Adolescent Psychiatry. 49(10) : 980-989.

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