Comment détecter les problèmes de santé mentale chez les étudiants isolés

Mis à jour : janv. 14


Les étudiants étaient déjà très exposés aux problèmes de santé mentale, mais les pressions de la pandémie aggravent le problème.


Il est plus difficile de détecter les problèmes de santé mentale par le biais des plateformes d'apprentissage virtuelles, mais les signes classiques de détresse mentale restent les mêmes:

  • participation réduite en classe;

  • faible assiduité;

  • déclaration fréquente de maladie;

  • devoirs incomplets;

  • interactions négatives avec les parents devant la caméra;

  • décrochage et absence de présence mentale.

Les élèves peuvent également souffrir de pertes de mémoire à court terme en raison d'un niveau de stress accru. Les contrôles de routine avec les apprenants offrent des occasions de conversations qui peuvent conduire à l'identification de problèmes.


Les enseignants peuvent également surveiller les comptes des élèves sur les médias sociaux s'ils détectent des raisons de s'inquiéter. Les messages indiquant un désir de se faire du mal doivent être pris au sérieux.


Selon l'Association américaine de psychologie, les étudiants de la génération Z souffrent plus que toute autre génération d'idées suicidaires, d'anxiété et de dépression. L'isolement social est devenu particulièrement difficile pour les étudiants.

Un rapport parlementaire, rédigé par par les députées Sandrine Mörch (LREM) et Marie-George Buffet (PCF), pose des chiffres sur le mal-être des jeunes : un jeune sur six a arrêté ses études, 30 % ont renoncé à l'accès aux soins, plus de 50 % sont inquiets pour leur santé mentale.


L'histoire montre que l'isolement social dû aux pandémies peut provoquer des pics dans les taux de suicide, ce qui a été le cas après la grippe espagnole, qui a duré du début 1918 au début 1920.


Les recherches montrent également que les adolescents peuvent souffrir davantage de problèmes de santé mentale dus à l'ennui, à la frustration, à la colère, à l'isolement de leurs amis et à l'incertitude quant à l'avenir. Les étudiants issus de l’immigration et ceux qui viennent de familles à faibles revenus sont les plus vulnérables.

La pandémie a rendu plus difficile pour les adolescents d'obtenir de l'aide, car ils continuent d'être socialement éloignés des systèmes de soutien à l'école, tels que les enseignants, les entraîneurs et les conseillers.

Le rapport cite les déclarations publiques de Guillaume Vaiva, chef de service en psychiatrie adulte au CHU de Lille et vice-président du Groupement d'études et de prévention du suicide, relatives à « des propos et des conduites suicidaires exprimés de manière inédite par des jeunes de 10 à 25 ans et des soignants ». Ou encore un tableau de bord de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) de novembre dernier, selon lequel « les hospitalisations en pédiatrie pour raisons psychiatriques augmentent depuis août ». « Elles se situaient fin octobre à 3.600, contre 2.400 un an plus tôt, soit une hausse de 50 %. »


L'association Nightline, qui propose aux étudiants une permanence d'écoute de nuit gérée par des étudiants, a reçu 40 % d'appels en plus. Selon une enquête du Centre national de ressources et de résilience auprès des universités françaises 27,5 % des étudiants ont déclaré un haut niveau d'anxiété après le premier confinement, 24,7 % un stress intense, 22,4 % une détresse importante, 16,1 % une dépression sévère et 11,4 % ont fait part d'idées suicidaires. En septembre dernier, l'Observatoire de la vie étudiante avait aussi comptabilisé 31 % des étudiants ayant « présenté les signes d'une détresse psychologique


Les services de santé universitaire ont, eux, connu la « saturation ». Ils « ne sont pas dimensionnés pour faire face aux besoins des étudiants, particulièrement en matière de santé mentale », affirme le rapport qui déplore qu'il n'y ait qu'un psychologue universitaire pour 29.882 étudiants ou un médecin de santé universitaire pour 15.813 étudiants.

Il est donc urgent d’offrir un soutien socio-affectif supplémentaire aux élèves touchés par la pandémie, notamment par des visites à domicile, en les mettant en contact avec des conseillers, des travailleurs sociaux et d'autres professionnels de la santé mentale. des modules en ligne pourraient être créés avec des cours d'apprentissage socio-affectif axés sur la gestion du stress, le contrôle des émotions, l'accès aux systèmes de soutien et le développement de la résilience.

Qookka a expérimenté pendant le deuxième confinement des séances Live de méditation, qiqong, yoga, exercices de relaxation qui ont permis de couper l’isolement. Les bénéficiaires se sentaient plus détendus grâce aux interactions avec les thérapeutes, la discussion ouverte avec les autres participants en fin de séance et l’aspect relaxant des activités.







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